mardi 4 août 2009

De l’obscure actualité

Les Nouveaux Prédicateurs...

Ces temps ci l’actualité a un goût amer de désinformation. Un théâtre d’inepties, jouant leur divine comédie tel un voile sombre, masque la réalité. Un même voile sombre qui avait auparavant enfermé l’Europe dans des tourmentes religieuses pendant des siècles et des siècles laissant finalement apparaître la lumière de la Raison éclairant l’humanité dans ce qu’elle a de plus magnifique.-

L’état d’ignorance dans lequel les médias s’acharnent à nous bercer entretient encore nos foyers intérieurs, cette rage qui nous pousse, hommes et femmes de Gauche, à vouloir transformer nos sociétés. Soyez surs que tous les français ont en tête cette imminente vague dévastatrice qu’on a appelé H1N1. Les JT s’en donnent à cœur joie, interrogent un médecin qui fait un constat alarmiste, une mère qui dit avoir peur pour son bambin à la rentrée, puis on passe à l’actualité suivante où un automobiliste nous délivre un témoignage déchirant au sujet de la journée d’embouteillage du lendemain. Le PS, quoi qu’on en dise, fait également office de chiffon rouge : Martine Aubry réagit aux propos de Valls qui réagissait aux propos d’autres socialistes, eux même s’offusquant des déclarations de certains camarades, le tout dans une telle pagaille que les seuls à s’y retrouver sont les militants (et encore). Les français gardent, quand à eux, cette impression qu’une nouvelle fois le PS est en proie aux chamailleries de gosses qui lui retirent le reste de crédibilité qu’il avait : pour autant quel pitoyable silence sur le vrai fond du problème.

Si les vacances de la famille Martin, au bord de la mer, ou de la famille Dupont à la montagne, occupent l’écran quelques minutes, passant en revue tous leur petits « trucs » pour palier à la crise, l’Amérique du Sud semble avoir disparut de la surface de la Terre. Une brève sur l’Iran nous rappel que le climat est toujours tendu et nous donne le loisir de lui comparer notre beau régime ô combien démocratique. Notre président fait un malaise, la France retient son souffle, et une nouvelle fois les défaillances (naturelles par ailleurs) d’un homme occultent le massacre de milliers d’autres.

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Alors que s’immisce sournoisement une société sécuritaire, où chacun de nos pas est enregistré, où les us deviennent des règles puis des lois pour enfin devenir des motifs de répression de toute sorte, que reste-t-il de la conscience politique des français ? La démocratie, nous le savons, est un édifice fragile. Platon et Aristote y voyaient un régime dérivant nécessairement vers le règne du plus démagogue, les Lumières ont trouvé comme solution la raison partagée par tous, puis la République l’école pour en répandre le bon usage.
Si la démocratie s’est constitué contre l’obscurantisme religieux, soyons nous-mêmes lucides : le prédicateur d’hier est le JT d’aujourd’hui…

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Romain JAMMES

5 commentaires:

gauchedecombat a dit…

tes qualités d'écriture t'honorent, Romain. Je partage. Et quand à la forme s'ancre le fond, je ne peux que souscrire.

Julien a dit…

Le plus dramatique, c'est l'entêtement de certains à ne pas vouloir changer de cap. Sans chercher à comparer une certaine politique, et toutes ses variances (économiques, médiatiques...) avec des oeuvres plus récentes de littérature, je crois que nous aurions tout intérêt à (re)lire Orwell et sa fabuleuse description d'une société post faschisante stalienne dans 1984.

Les médias participent largement de cette dérive. Pour le PS, il est sûr que les petites "phrases" et "sorties" sont surexposées, la parole donnée aux personnes qui affaiblissent le parti en l'attaquant.

Hajen a dit…

Excellent article très bien écrit et malheureusement très vrai dans ce qu'il dénonce...

Romain JAMMES a dit…

Merci pour ces compliments c'est un vrai bonheur.

@Julien: Tout a fait, je vais d'ailleurs le relire d'ici peu car j'étais beaucoup plus jeune la première fois et la situation n'était pas la même. Ces analogies me font vraiment peur, une société violente se met en place. Des violences qui prennent des formes politiques, sociales, économiques et physique le tout dans un monde béat et inconscient.

Je suis convaincu que l'apolitisme prépare le fascisme...

Sébastien a dit…

alors la démocratie ne se représente-t-elle pas elle-même ? peut-on penser que la société et ses institutions se parent d'habits démocratiques sans que cela soit évident ?
bien plus, on pourrait simplement se demander ce qu'est au juste la démocratie, à l'épreuve des réalités, des expériences démocratiques et de l'imaginaire social.

comme tu as raison Romain de pointer du doigt ce glissement vers de nouveaux espaces et de nouvelles formes de dominations voire de coercition dans le climat le plus lénifiant...
(et au fait, avec 1984, G.Orwell quasi-mourant ne désignait pas seulement le système soviétique ; la société britannique d'après-guerre était aussi incriminée en filigrane. mais il est plus simple de se figurer que la "barbarie", celle des nazis et des régimes staliniens, est derrière nous...)
slt

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