samedi 13 mars 2010

Et demain ?

L'hymne des insoumis

Une campagne demande toujours un temps fou. Tous les militants qui s’acharnent, pendant ces élections à convaincre de leurs idées, par le débat argumenté, en interpellant la population, de toutes les manières possibles, savent de quoi je parle. Ceci explique que j’ai été très peu présent sur ce blog pendant tout ce temps. Nous sommes samedi 13 mars, demain nous franchissons une nouvelle étape qui nous mènera, je l’espère au plus haut dans les espoirs dont nous sommes nourris pour transformer profondément une civilisation en déroute… Rien n’est gagné, et encore moins la mobilisation des citoyens qui, après avoir été trop souvent bercés dans le mensonge, les faux espoirs et la misère intellectuelle et citoyenne, renoncent parfois à s’exprimer tant leur rancœur est forte. Parfois je les comprends, mais je ne perd pas espoir et force pour mon combat. Certains disent que c’est la jeunesse… Au vu de la dépolitisation prégnante dans cette catégorie de la population, à l’université comme dans les quartiers populaires, j’ai de sérieux doute. Pour moi c’est autre chose, un je-ne-sais-quoi qui pille le doux mot de République…


Je dis un je-ne-sais-quoi mais ceux qui me connaissent savent qu’il n’en est rien. Je ne pourrais pas dormir si je ne me doutais pas de quoi il s’agit : la plus grande force de destruction que la planète ait connue, la plus grande machine productrice de misère et d’inégalité, la plus grande catastrophe écologique et sociale, le nerfs des guerres de tous les jours, du choc des civilisation à la concurrence de chacun avec son voisin, son ami, son frère… C’est cette force tranquille qui de ses eaux froides surgit tel un requin pour tailler la chaire des démocraties chancelantes. Hémorragie de citoyenneté, hémorragie de la raison dont l’école doit apprendre à chacun le bon usage pour tout passer au crible de l’esprit critique : promesses et mensonges, religions et régimes politiques. Je parle biensur du capitalisme


Petit tour d’horizon


Venons en aux faits, car j’écris instinctivement ce à quoi je pense mais j’ai tout intérêt à ne pas trop digresser si je ne veux pas vous assommer. Les élections régionales. Dans ce tableau inquiétant que j’ai brièvement peint, j’ai trouvé un espoir, une arme pour me battre, et cette mélodie incessante à laquelle notre esprit s’attache sans cesse et qui nous fait franchir des rivières et traverser des déserts : c’est le Front de Gauche. J’ai déjà expliqué dans cet article ce qui m’amène à m’engager pour ce rassemblement, je n’écris pas pour me répéter mais pour exprimer mon sentiment, après des semaines de bataille, sur cette campagne particulière.


D’abord un mot sur la Droite. Cette campagne a mis au grand jour le fond de sa pensée. L’UMP a fait d’une campagne un show télévisé, enchainant scandales sur scandales pour éviter de parler des régions socialistes dont le bilan est, dans l’ensemble, positif. Le racisme, jusque là à peine dissimulé dans les rangs de la majorité présidentielle, a éclaté à la face de la République, polémiques à vomir, accusations sans fondement : tout y est passé. C’est à croire que le débat sur l’identité nationale a réveillé un vieux démon qui attendait son heure. Enfoui dans les catacombes de la rue La Béotie il s’est installé sournoisement à l’Elysée et nous avons vu en 3 ans sa marque profonde perforer veines après veines le ciment des Droits de l’Homme…


Europe Ecologie ? Je ne partais pas d’une si mauvaise impression. Oh beaucoup de choses m’ont déçu chez eux, des votes au parlement européen à certaines déclarations assommantes d’idées reçues. Mais au fond ce qui m’a le plus marqué dans cette campagne, c’est le vide politique auquel j’ai put faire face dans mes discussions avec eux comme dans leur programme. Je donne en exemple deux propos qui ont ulcérer un militant Vert lors d’un débat à Paris 7 auquel j’ai participé. D’abord la planification écologique ! Cris de douleur de l’homme à l’écharpe verte ! Pour ce monsieur la planification c’est le Gossplan… Il a sans doute oublié que jusque dans les années 90, il y avait toujours une planification économique en France, ou que la plupart des institutions publiques ont des plans quinquennaux pour organiser leurs politiques. Mais passons. Pour Europe Ecologie au fond, on fait de l’écologie mais chacun fait comme il veut, on fixe 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre mais on ne suggère à personne comment on va s’y prendre… C’est original, moi je n’y crois pas !

La seconde chose c’était la fin de l’histoire. Dans une discussion sur l’abstention des jeunes, je suggère que nous sommes une génération qui a grandi dans le mythe de la fin de l’histoire. Auparavant deux forces s’opposaient. Je ne défends pas le communisme d’Etat, loin de là, mais force est de constater qu’il matérialisait l’espoir qu’un autre monde était possible, qu’une autre voie existait, et peut-être 3 ou 4 même. La chute du mur, qui marque le début de ce mythe de la fin de l’histoire, sacre l’horizon indépassable du capitalisme comme seul solution crédible et adoube la toute puissance du marché sur les valeurs universelles et sur notre humanité à tous… Suite a ce discours, nouveau cris d’horreur de l’écolo qui m’a limite fait passer pour un soviétique. Il fallait être là, c’était affligeant. Mais passons…


Le Parti Socialiste ? Je sais qu’un certain nombre de lecteurs y sont. On peut être honnête et avouer le bilan globalement positif des régions socialistes. Pour autant elles ne sont pas aller assez loin selon moi, c’est d’ailleurs le sens de notre candidature : faire des régions des points de rupture. La principale chose que j’aurais à reprocher au PS c’est son régionalisme. Non les régions ne sont pas des îlots perdus loin des réalités nationales et internationales. Elles doivent s’intégrer dans ce combat. Je dis clairement, par exemple, que voter Front de Gauche c’est faire émerger certaines idées dans le débat public, quand bien même ne seraient elles pas dans le cadre des compétences de la région. Nous avons un programme clair de ce que nous voulons faire dans les régions, mais nous avons des revendications également plus large de rupture avec la doxa libérale de laquelle le PS s’est tant embourbé.

La deuxième chose c’est évidemment les alliances avec la droite. Notre score l’empêchera dans la plupart des régions je l’espère. Notre discours c’est soit le MoDem, soit nous, mais vous n’aurez pas les deux ! Dans ce cadre nous devons faire un maximum pour convaincre que c’est nous qu’il faut choisir. Certaines régions se vautrent déjà dans cette malsaine collaboration qui brouille les pistes, ne serait-ce que le Poitou Charente ou l’Alsace…


Le fin mot… le Font Populaire



Concernant notre campagne, j’ai été plutôt agréablement surpris. Beaucoup de dynamisme, des actions innovantes, parfois médiatisées, qui attiraient l’attention de la population. Pour lutter contre l’abstention, il ne suffit pas de faire milles réunions débat qui n’attirent au fond que ceux qui sont déjà convaincus. Il faut aller au contact, se brûler le doigt pour ne pas laisser ce rideau qui fait de l’arène politique une sphère interdite aux profanes et qui exclu toujours plus de monde à mesure que notre démocratie tombe malade. Mais c’est également un combat de tous les jours qui doit se faire à toutes les échelles. Universités populaires, réseau d’échange réciproque des savoirs, ateliers de lecture, cercles, politiques pour démocratiser l’accès à la culture, endiguement des déserts intellectuels : tout est à faire ou à développer.

Face à la crise de la démocratie représentative, remettons en place des canaux de démocratie directe : dans les régions, dans les départements, dans les communes mais aussi au niveau de l’Etat grâce à un véritable Front Populaire du XXIe siècle…


Romain JAMMES

5 commentaires:

  1. Tiens, une anecdote, en diffant, j'ai croisé un écolo qui avait pour seul slogan : "rejoignez le part des oiseaux, votez Duflot"...

    On va dire "OUF" mais il reste du boulot !

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  2. Accord PS/EE pour le second tour ?

    ...

    Misère...

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  3. Je pense la même chose sur la fin... Mais on ne peut pas tenir se discours et aller à reculons dans les quartiers populaires, là où gangrène l'abstention. Je vous reproche pas grand chose, mais une chose est sûre, le porte à porte individualisé, aller vraiment à la rencontre des gens, c'est ça qui doit nous animer ! Mettons tout ça en acte si tu le veux bien

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  4. Je suis bien d'accord, c'est pour ça qu'on se bouge pas mal à ce niveau, qu'on essaye de nouvelles actions pour politiser en général (et pas que pendant les élections (sic)).

    C'est aussi pour ça que je veux en faire mon job quand j'aurais fini mes études: animation d'éducation populaire,... et que dés que je serais sur Corbeil je vais y travaillé également.

    Et je suis sur qu'on t'aura à nos côté ^^

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  5. Camarade,

    Je ne suis pas d'accord avec toi. Le bilan du PS au niveau régional n'est pas globalement positif mais insuffisant. Le bilan du PS est un bilan qu'il fallait combattre de front. Il est libéral et marqué non pas par le "régionalisme" mais par la recherche de la concurrence maximale entre les régions. Les régions ont appliquées les réformes libérales qu'elles avaient à appliquer et elles le firent avec zelle (ex: LRU, plan campus). Face à la crise historique du capitalisme, notre discours doit être franc et direct.

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