lundi 9 novembre 2009

Des questions d'époque...

Citoyenneté, nation et politique

Le contexte me laisse assez peu le loisir d’écrire des articles, et encore moins de bien les écrire. Cela nous rappelle à quel point travailler empêche les étudiants de pouvoir se concentrer sur leur cours, leurs réflexions et leur production. Ils sont pourtant indispensables à notre société mais handicapés par une situation qui les met à genoux. Faire des études, c’est un emploi, mais un emploi payant ! Cherchez l’erreur…

Quoi qu’il en soit j’ai un certain nombre de réflexion à faire partager. Nous parlerons de la mort du citoyen, d’identité nationale, mais également d’unité de la Gauche, puisque le dernier acte signé par le NPA ne dénoue pas particulièrement l’avenir, pour le moins incertain.


La Mort du Citoyen


Cette partie là n’est pas d’un optimisme béat. Elle tente simplement de rendre compte, brièvement d’un processus complexe, qui a de quoi nous inquiéter quand à l’avenir de nos démocraties. Le citoyen est probablement une des plus belles inventions politiques de l’humanité. C’est tout simplement le socle de toute société démocratique qui induit une multitude de concepts.

La notion de citoyenneté charrie 3 principes fondamentaux. Tout d’abord le principe d’alternance entre les gouvernants et les gouvernés, car tout gouvernant est gouverné et tout gouverné est potentiellement gouvernant. Ensuite, la séparation de l’identité citoyenne à toute autre identité (sociale, culturelle, ethnique,…). La Révolution Française a proclamé ceci : « aux juifs en tant que juifs, il ne sera rien accordé. Aux juifs en tant que français, il sera tout accordé ». L’émancipation de chaque individu proclame que nul ne jugera en fonction d’une autre identité que celle de citoyen. Enfin, la citoyenneté reflète un sentiment d’appartenance collective à une communauté de droits et de devoirs.

La citoyenneté est donc une notion à l’origine éminemment politique, elle est l’essence de notre système républicain. Si l’individu est central dans la conception politique des valeurs universelles, il n’existe qu’à travers la société qui lui donne des droits et des devoirs : il se soumet à la volonté générale, mais en est une composante au même titre que l’ensemble de ses concitoyens. Alors quelle est cette « mort du citoyen » ? La politisation de la population connaît un déclin sans précédent, un dégout de la politique qui se manifeste tant par les invectives faciles que nous subissons tous sur les marchés, la méfiance permanente dés qu’il s’agit de parti, ou simplement les abstentions records à chaque élection partielle. Le monde associatif traverse une profonde crise et le citoyen est progressivement substitué à son rôle économique auquel il ne peut se soustraire. L’Europe manifeste admirablement ce processus, le transfert progressif des décisions politiques ne s’est accompagné que d’une démocratisation très limitée des institutions. Le parlement européen, représentant le peuple, a un rôle très faible dans le fonctionnement de l’Union face à une commission, représentant les directions des Etats membres. La bouillie technocratique et les sessions parlementaires évitant soigneusement les débats de fond rendent totalement opaque la politique européenne.

Mais au-delà de cela, c’est la conception même de la citoyenneté européenne qui en dit long sur les desseins de l’Union. Le traité de Rome définit l’idée d’un « citoyen du marché commun », réduisant le citoyen à sa situation économique de consommateur ou de producteur…


Identité Nationale


Le débat d’Eric Besson sur l’identité nationale serait intellectuellement intéressant s’il ne cachait pas un repli identitaire et des lois xénophobes comme le gouvernement semble si bien les inventer. Dans quelle perversion est entré notre système ? Alors que s’exaltait la nation pendant la Révolution Française, tout homme résidant 1 an sur notre sol était dés lors considéré comme citoyen ; alors que le nationalisme français a eu cette singularité de s’appuyer sur le référendum de tous les jours proclamant « qui veut être français l’est » et « qui vit sur le sol français l’est » également, ou sommes nous rendu ? À espionner des familles entières pour vérifier que leur mariage est bien valide, à faire payer des impôts pendant des années à des hommes et des femmes exploités comme des esclaves sans le moindre droit, à renvoyer des étrangers dans un pays où nous allons nous même faire la guerre, à dénoncer son voisin, son client et pour quelle gloire ? Celle de se sentir plus français que lui ?

Qu’est ce qu’être français alors ? Être français c’est non seulement avoir des droits et des devoirs, mais c’est porter les valeurs universelles qui ont constitué notre nation, notre démocratie et notre République… Je n’ai pas la sensation que le gouvernement soit très zélé à cette tâche.


Unité ?


Vous le savez, le rassemblement de l’Autre Gauche est au cœur de l’action politique que mène le Parti de Gauche. Une position facile à tenir mais difficile à mettre en œuvre, les négociations unitaires depuis la rentrée en sont la parfaite manifestation. Ménager la chèvre et le chou n’a pas été une mince affaire et pourtant que de chemin parcouru. Voir progressivement deux formations irréconciliables faire des efforts l’un vers l’autre est la plus belle récompense dont on puisse rêver. Le PCF ne dit plus « toujours » aux exécutifs, y pose des conditions claires, comme celle de l’exclusion du MoDem, pas forcément évidentes auparavant ; le NPA accepte l’idée de figurer sur les mêmes listes du Parti Socialiste au second tour. Pour autant ces questions cachent le véritable objectif de notre rassemblement : constituer enfin une majorité de rupture pour créer un point d’appuie à la transformation de nos sociétés.

Quoi qu’il en soit la question des exécutifs semblent toujours crisper les uns et les autres et mettre des bâtons dans les roues du plus large rassemblement à Gauche jamais effectué pour des élections régionales. Il faut prendre la mesure de la responsabilité qui est prise de briser une si grande démarche au nom de si négligeables intérêts.

Mais bon n’appartient-il pas à chacun de juger la nature du combat qu’il mène ? Mardi nous éclairera sur ce qu’il reste à parcourir pour un rassemblement aussi large possible et quels qu’en soient les coûts, nous nous battrons jusqu’au bout pour y parvenir.


Romain JAMMES



dimanche 18 octobre 2009

Des florentins et du facisme...

Machiavel et Mussolini

Cet article sera court. Non qu’il n’y ait pas milles choses sur lesquelles s’émouvoir, mais la reprise des cours, mon travail à mi-temps et mes engagements politiques ne laissent pas beaucoup de place à ce genre d’exercice que j’apprécie pourtant particulièrement. Mes études comme mes engagements sont les essences de mon moteur, j’y puise toute mon énergie et cette braise que nous avons en chacun de nous qui nous pousse à nous lever le matin même quand la nuit a été courte… C’est un phénomène qu’on trouve assez étrange avec du recul. Celui qui nous pousse à vouloir changer le monde non seulement pour nous et nos enfants mais pour nos 6 milliards de voisins, citoyens du monde qui, dans une grande majorité, subissent les ravages du capitalisme. Les sciences sociales s’acharnent à expliquer ce mystère à l’image de l’héroïsme de Weber, que décrivait Voeglin, qui convaincu des horizons funestes de notre société, s’est toujours rallié à la raison contre l’obscurantisme. Pour vous en convaincre je vous conseille d’ailleurs la lecture d’un article qui intéressera toutes les personnes engagées…


Je vous parlerais de 2 choses ce soir : des élections législatives partielles à Poissy et de tristes témoignages d’un capitalisme qui enfante toujours plus de fascisme.


Tous les même !


Tous les mêmes oui, et je ne m’émeus pas de l’élection de David Douillet car ça ne me fait sincèrement ni chaud ni froid. J’imagine déjà mes amis socialistes monter sur leurs grands chevaux, et m’assenant des tirades pour le moins bancales sur la division de la gauche. Mes amis, quand je vois l’attitude du PS j’ai de plus en plus la conviction qu’il y a 2 gauche mais aussi que vous êtes à vomir.

Il ne s’agit pas de vociférer sur la défaite de Delapierre mais de dénoncer ce qui est un attentat à la démocratie, le mensonge de masse. La campagne pour ces législatives a vu les principaux candidats multiplier les promesses invraisemblables sur la vie quotidienne des yvelinois sans grand rapport avec les élections en jeu. On prendrait presque cela pour des élections cantonales ou municipales, pas un mot sur les prochains votes prévus à l’assemblée, par une seule déclaration publique sur le rôle de l’assemblée nationale ou de député. Bref, un tissu de mensonge et le lynchage en règle du seul candidat portant en premier lieu ces problématiques : François Delapierre. Je vous invite à consulter quelques articles du blog de campagne qui décrivent bien la situation…


L’abstention a frôlé les 70%, belle performance démocratique. La recette reste la même, et les électeurs, las de tous ces mensonges nauséabonds perdent confiance, désespère… et les citoyens meurent à mesure que les élections se suivent ! Ce meurtre, l’UMP comme les Verts ou le PS en sont responsable… Alors qu’ils aillent au diable, je n’aurais jamais la même ligne qu’eux et ils ne me compteront pas de si tôt avec eux au premier tour.


Fascisme et capitalisme


Je me suis déjà beaucoup épanché sur ce sujet. Tant sur nos inclinaisons dangereuses que sur notre histoire qui nous a montré, notamment dans les années 30, comment le capitalisme enfantait facilement du fascisme et de la guerre.


On peut être rassuré d’avoir un Front National en crise dans la période difficile que nous connaissons, car soyons sur que la vague d’abstention que nous connaissons leur aurait profité si ce n’était pas le cas. Cependant, cela n’empêche pas l’extrême droite de se renforcer à l’image de la rentrée du Bloc identitaire dont nous avons un témoignage sur le blog de Gauche de Combat.


Les manifestations racistes se multiplient également aux Etats-Unis. Elles prennent différentes formes, accusent tantôt la politique d’Obama ne visant qu’à aider les noirs ou se muant parfois plus gravement en réunion du Ku Klux Klan. Des phénomènes qui font froid dans le dos, directement issus de l’idéologie dominante, qui, en crise trouve les responsable qu’elle peut.


Pour ne pas paraphraser je vous laisse découvrir les liens que je vous ai laissé et je vous invite surtout à partager les votres...


Romain JAMMES


mercredi 7 octobre 2009

"Les rives qui l'enserrent..."

Violence, haine et mensonge...

C’est une nouvelle fois la rage au ventre que j’écris les quelques lignes de ce blog. J’en viens parfois à me demander si je ne cherche pas au fond à me débarrasser de tout ce désespoir que j’accumule de déception en déception. C’est, après tout, l’apanage de beaucoup d’hommes et de femmes de Gauche qui aujourd’hui se battent sans relâche alors que le monde semble inexorablement courir vers la haine, le fascisme et la guerre. Le capitalisme est un cancer pour la planète. D’aucun nous dit qu’il est incurable mais nous nous accrochons encore et encore mus par cet espoir non seulement du bonheur universellement partagé mais aussi de l’émancipation de chaque individu. L’émancipation, la liberté, l’égalité, la solidarité, ainsi résonnent chacun des battements de notre cœur, nous poussant chaque seconde à aller plus loin, à ne pas fléchir, à garder la tête haute et chercher au plus profond de la société cette forme d’association par laquelle chacun, s’unissant à tous, n’obéisse pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant…


Ce week-end était bien triste pour la Gauche. Je ne parle pas de ce succès de la votation citoyenne, qui peut, dans une certaine mesure, nous consoler bien que ce combat là ne fait que commencer. Il sera au moins aussi dur que les précédents. Les mensonges et la haine m’obsèdent depuis dimanche. Ces deux mots qui caractérisent tellement ces bien-pensants qui nous imposent leur société, ces puissants qui marchent sur nos têtes, asservissent nos frères et détruisent la planète.

Car c’est bien le mensonge et le mépris qui ont animé la campagne des partisans du traité de Lisbonne, menaçant le peuple, agitant un lys bleu comme carotte et la misère comme égide. C’est donc la peur au ventre que les Irlandais sont allés aux urnes : peur pour leur emploi, face à ces grandes entreprises mettant la pression sur les travailleurs, peur pour leur pays, face à cette illusoire marginalisation de l’Irlande en cas de victoire du « NON ».

Un pistolet sur la tempe, les Irlandais n’ont pas tenu, bien que le chargeur soit vide, personne ne peut leur en vouloir. Il s’agit de violence politique ! Une violence des eurocrates persuadés de tenir toutes les clés de l’avenir, confisqués aux peuples, alors que certains, dans leurs élans lyriques se revendiquent haut et fort de Gauche. Je refuse d’être mis dans le même sac que ces connards, n’en déplaise à ceux qui prétendent qu'il n'y en a qu'un. J’ai malheureusement cet affreux sentiment qu’un jour, et c’est dans la logique des choses, le pistolet ne sera plus une image.


Ce dimanche Corbeil votait aussi, pour les municipales partielles. C’est encore là la haine et le mensonge qui ont fait gagner la droite. Les slogans du candidat en disait long sur sa conception de la République : « voter Bechter c’est voter Dassault ! » ; ou comment un homme peut s’asseoir sur une décision du Conseil d’Etat. La campagne est marquée par toute l’horreur politique qu’on puisse imaginée. Les militants de Gauche distribuent leurs tract, ceux de droite leurs billets, vomissant leur vulgate fasciste. Les verts partent seuls, galvanisés par le succès des européennes mais se dissolvant progressivement dans un agrégat de droite au doux nom d’Europe Écologie…

Au second tour, c’est le rassemblement de la Gauche face à Bechter. Le PS enlève la droite de sa liste mais fait l'éloge de la mairie sortante. La droite arrose la ville et colle de si belles affiches qu’on en croirait le retour de McCarthy. Je vous laisse les découvrir sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, ça me donne la nausée.

Ces odieux mensonges, cette haine affichée, la peur du rouge et la distribution d’argent ont donc encore eu raison des convictions. Corbeil, enclave d’Ancien Régime, ne se relèvera pas tout de suite de la misère mais ne doutons pas du courage et de la force de nos militants qui jamais ne courberont l’échine.


Ne doutons plus de ce veux la droite et le gouvernement qui ouvertement soutiennent toutes ces pratiques. La politique de la haine et de la peur est celle des despotes, et si Montesquieu ne nous en convainc pas, regardons simplement derrière nous ce que sont devenues les sociétés qui ont pris le même chemin…


Romain JAMMES

samedi 26 septembre 2009

La Politique de l'Autruche

La Tête dans le sable...

L’actualité politique nous donne encore une fois l’embarras du choix quand au sujet à traiter tant le gouvernement s’acharne toujours à multiplier les annonces officielles et les conneries officieuses. Cependant, regardant le monde à travers un masque opaque d’obscurantisme, les français subissent bien malgré-eux la politique de l’autruche. Vous savez, cette tendance à considérer qu’il n’y a que ce qui se voit qui existe ,et donc, que ce qui ne se voit pas n’existe pas…